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Route du Rhum : les pièges météo de Saint-Malo à la Guadeloupe

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Les remparts de Saint-Malo et la tour Bidouane
Photo : Pierre André Leclercq, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Sur la Route du Rhum, aucune marque n'impose de chemin entre la bouée du cap Fréhel et la Guadeloupe. Chaque skipper trace sa route selon la météo, et c'est elle qui fait les écarts sur la cartographie. Le Figaro Nautisme a interrogé Cyrille Duchesne, chef du service Prévisions de METEO CONSULT, qui suit la course avec la direction de course (Figaro Nautisme). Voici les quatre étapes du parcours vues par le météorologue.

1. Le départ : les fronts de novembre

Début novembre, des dépressions et leurs fronts balaient régulièrement la Manche et le golfe de Gascogne. Le scénario redouté : « de violentes rafales de vent (50-60 nœuds) et une brutale bascule du vent du sud-ouest vers le nord-ouest ». La houle du large croise la mer du vent, ce qui rend les premières 24 heures particulièrement dures pour les bateaux et les marins.

Ce n'est pas théorique. En 2022, le départ prévu le dimanche 6 novembre a été reporté au mercredi 9 novembre à 14 h 15 à cause d'un front très perturbé (Figaro Nautisme, 2022). « Pour la première fois en 44 ans d'histoire de la Route du Rhum, un départ a dû être reporté », relevait alors le magazine Yacht (Yacht).

2. Le choix nord ou sud et l'anticyclone des Açores

La route directe vers les Antilles passe près de l'anticyclone des Açores, une zone de hautes pressions où le vent faiblit fortement au centre. « L'objectif des marins est d'éviter de traverser l'anticyclone puisque les vents y sont très faibles en son centre », explique Cyrille Duchesne. Or l'anticyclone bouge : il peut s'étendre vers le golfe de Gascogne ou se replier vers Madère ou les Bermudes. « Toute la stratégie consiste à trouver la "porte" », le passage qui permet de le contourner sans trop rallonger la route.

Au nord, un « train de dépressions » circule d'ouest en est. « Les dépressions atlantiques sont à la fois les plus grandes alliées et les principales ennemies des skippers » : elles apportent du vent pour avancer vite, mais il faut éviter les systèmes les plus actifs et leur mer croisée, qui use les bateaux. Les vents de sud-ouest devant les fronts chauds repoussent les bateaux vers l'ouest, les vents de nord-ouest derrière les fronts froids les aident à redescendre vers le sud.

3. Les alizés et les grains

Une fois l'anticyclone contourné par le sud, les bateaux touchent les alizés, « réputés stables et modérés ». Ils restent capricieux : ils peuvent « aussi bien s'essouffler qu'atteindre 40 nœuds sous les grains », et leur direction « peut varier d'une centaine de degrés entre le nord-nord-est et le sud-est ».

Les grains sont des nuages convectifs qui naissent dans l'air chaud et humide des tropiques. Sous un grain, le vent peut passer « de 10-15 nœuds à 35-40 nœuds en quelques minutes seulement », puis retomber dans un calme brutal. En solitaire, de nuit, c'est l'un des moments les plus délicats de la course.

4. L'arrivée : le tour de la Basse-Terre

Le quai de la Darse à Pointe-à-Pitre
Photo : Filo gèn', CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Avant de couper la ligne à Pointe-à-Pitre, les skippers font le tour de la Basse-Terre. « Le relief de la Guadeloupe, dominé par la Soufrière, perturbe fortement les alizés » : le vent accélère au passage des caps et faiblit sous le vent de l'île. Dans ces zones de dévente, une avance peut fondre, et une arrivée serrée peut s'y jouer.

Ce qu'il faut regarder sur la cartographie

Le parcours complet est sur la fiche Route du Rhum du globe. La cartographie officielle, la télévision et le jeu Virtual Regatta sont présentés dans comment suivre la Route du Rhum 2026, et les meilleurs points de vue pour le départ dans où voir le départ à Saint-Malo.

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